La
connaissance spirituelle

Saveurs
spirituelles, ivresse et dévoilements
du monde invisible sont les profondes manifestations de la connaissance
spirituelle. Ces manifestations sont le fruit d’un intense travail
spirituel qui reste en soi un don de la largesse divine. L’élan
amoureux du départ aboutit à la connaissance spirituelle
soufie et ce, par la transformation alchimique de l’ego en une
âme distillée puis en un esprit purifié. La connaissance,
chez les soufis, veut aussi dire proximité avec le Bien Aimé.
Plus on est près de la Présence, plus on connaît.
Plus on en est loin et plus on est voilé.
Le
parcours spirituel
Le
parcours spirituel (ou parcours initiatique) soufi correspond à
une traversée des états multiples de notre être.
Suite à l'élan amoureux pour le Bien-Aimé, la connaissance
spirituelle se dévoile peu à peu à l'aspirant,
grâce, précisément, à l'expérimentation
de cette traversée. En écho à la conscience de
la Présence divine, il va vivre au quotidien épanouissement,
contrition, nostalgie, crainte révérencielle, anéantissement
ou bonheur intense. Ces moments correspondent en fait à des points
de contact entre notre centre invisible et le principe divin. Ces points
de contact vont, à leur tour, se manifester à travers
des rires, de la joie, des cris, une ivresse ou une tristesse. Modalités
infinies de la rencontre avec le divin que les soufis appellent aussi
le climat de l'être.
La
poésie soufie
Pour
exprimer l'élan amoureux entre l'amant (l'aspirant) et son
Bien-Aimé (Dieu), élan qui soutient le retour vers l'Être,
les soufis privilégient la poésie, autant pour sa dimension
symbolique que pour son rythme et sa musicalité. La poésie
est aussi, pour les soufis, un moyen d'éducation spirituelle.
Au-delà de l'élan amoureux, les grands thèmes
de cette poésie vont évoquer les tristesses de la séparation
ou les joies de l'union, les défauts de l'âme égotique
ou la subtilité de la connaissance spirituelle, la manière
de frapper à la poste divine ou le bel-agir envers autrui.
Autant de thèmes qui vont faire de cette poésie un véritable
trésor de l'enseignement spirituel dont chaque vers nous rappelle
que la connaissance spirituelle, la réalité divine,
se trouvent au-delà des mots!
Le
Sama`
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Lorsque
le cri de l'âme, exprimé en vers, est modulé, rythmé
et accordé, la poésie soufie se fait chant soufi. Et lorsque
ce cri, élan nostalgique de l’âme, est accompagné
par des instruments, on parle alors de musique soufie. Dans un cas comme
dans l'autre, il est question de Sama` c'est à dire d'audition
et d'écoute spirituelle. Pour les aspirants au soufisme, le Sama`
est une invitation à cette écoute. C'est à travers
le cœur que l’audition intérieure s'opère et
c'est par la pratique du Sama` que l’aspirant réalise que
tout dans l’univers n’est que Sama`; car n’est-il
pas dit dans les textes sacrés que tout dans la Création
chante les louanges du Bien Aimé ?
L'humour
soufi

L’humour
soufi est une autre manière, propre à cette tradition,
de nous éveiller à la dimension spirituelle. Tout d’abord,
la subtilité de cet humour met à nu les détours
de l'âme récalcitrante dans le chemin vers l’ultime
rencontre. L’aspirant à l’éveil va, avant
toute chose et avec une grande franchise, rire de lui-même. Ensuite,
la finesse de cet humour va l’amener à considérer
les intrigues et les crochets de son alter-ego avec une certaine dose
de légèreté car, en fin de compte, son semblable
n’est nul autre que lui-même. Enfin, l’aspirant, lorsque
pétri par le parcours, est alors invité à rejoindre
son Bien Aimé sous le ciel de la familiarité. Si, à
ce niveau, cette familiarité peut paraître à certains
comme une indécence, pour les gens de la proximité elle
n’est autre que complicité et amour. En fin de compte,
l’humour soufi fait du sourire un outil important de la pédagogie
spirituelle. Loin d’être cynique et moqueur, il élève
l’âme vers les hautes sphères de la présence
divine et c'est dans ce sens qu’il est très sérieux!